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07.09.2008

Optimisme

Sans surprise, j'ai jusque là privilégié un "réalisme" que je voulais parfait et que je trouvais d'autant plus parfait qu'il prenait la forme du cynisme. Ah, ce sentiment d'être supérieur à tous ces abrutis satisfaits quand le monde va si mal ! Tragique illusion d'avoir compris la vie alors qu'il s'agit de la prendre, comme une femme... Plus jeune, j'avais expérimenté un temps l'optimisme et d'ailleurs obtenu des résultats. Et puis, peu à peu, je me suis renfermé, j'ai perdu espoir et décidé en toute inconscience d'établir le pessimisme en métaphysique ; ainsi, pensais-je, je ne serai pas déçu. Mais c'est totalement faux ! Seul celui qui ne tente jamais sa chance sera déçu de manière certaine, de ne s'être pas battu pour son bonheur. Il n'existe pas de neutralité vis-à-vis de l'existence : ou bien vous lui dites oui, ou bien vous lui dites non. L'optimisme, c'est dire oui à la vie et s'y tenir "malgré le démenti des évènements" (Coué). Rayonner la lumière sans se préoccuper des ténèbres. Le New year's prayer de Buckley prend tout soudain une autre tonalité.

Technique

L'univers est amoral. Il récompense les bons techniciens et punit impitoyablement les maladroits, les ignorants, les médiocres. Et cela, qu'il s'agisse de changer une roue, de draguer une fille ou de faire de l'argent. Il y a cette oeuvre du marquis de Sade, Justine ou les infortunes de la vertu, qui a ouvert une brèche en moi, ne s'étant depuis lors jamais refermée : comment donc, l'on peut être vertueux et malheureux toute sa vie, frappé par l'injustice répétée du destin ? La question peut paraître naïve, mais c'est un fait que je me suis jusqu'alors attaché à être quelqu'un de "bien", un chic type, au prix du péché. Et puis. Mes principes, ma morale, ma vérité chérie : voilà que tout a été balayé. Je n'ai plus du tout l'intention de sacrifier ma vie sur l'autel de grandes et belles abstractions. Je veux prospérer. Et pour cela, j'ai besoin non pas de vertu mais de savoir-faire.

Croisée des chemins

Je me sens... bien. Excité, même. Je pressens de grands changements s'opérer en moi. Tout un nouveau monde qui s'ouvre tandis que l'ancien disparaît, ne survit pas même sous la forme de l'écho d'un souvenir. C'est fou... Toutes mes certitudes, mes crispations mentales, mes doutes, mes interrogations, mes angoisses, tout ça a implosé. J'allais corriger et écrire "est en train d'imploser", mais non, cela a bel et bien déjà eu lieu. Le plus extraordinaire, c'est que je n'ai aucune idée de ce qui vient. Et je m'en fous totalement. Je veux dire, ça ne me fait pas peur.

Il est 5h45 du matin et je suis vivant.