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23.02.2020

A petits pas (4)

 - Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
- Qu'il soit trop tard, madame. (Alessandro Baricco, in Océan Mer)

Mais si le Diable parle parfois, Dieu se tait, toujours. Il faut trouver les réponses seul. (René Barjavel, in L'Enchanteur)

Je suis entré dans le yoga. La formule est choisie : il s'agit bien d'explorer un univers entier. Je crois avoir trouvé un guide sûr, après quelques tâtonnements. Une première découverte, comme une piqûre de rappel du Christ : point de spirituel sans incarnation. Nous ne sommes pas des créatures éthérées, nous sommes des corps, fréquemment déréglés, impatients de vibrer à l'unisson du Tout Autre. Pressentiment d'une discipline aux effets puissants, que je commence déjà à ressentir.

Et puis. Faisant halte dans une petite église de ma connaissance l'autre jour. Le bâtiment est vide. Je m'assieds timidement sur un banc et tout soudain une bouffée de tristesse me submerge : ma médiocrité, ma solitude, mon désespoir me sautent à la gorge. Mézigue au bord des larmes, la lourde porte de l'édifice s'ouvre d'un seul coup : trois personnes âgées – dont l'une d'elles ressemble au curé – rentrent bruyamment. Une dame me salue tout sourire et me lance : "on vous apporte de la lumière et du chauffage !". D'accord, Seigneur, j'arrête de m'apitoyer. Dieu se tait, toujours, mais ne parle-t-Il pas à travers d'autres plus souvent qu'à son tour ?

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