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24.10.2016

Feux follets

S'il fallait résumer l'état mental contemporain par un mot, c'est sans doute celui que je choisirais : l'amertume. (Michel Houellebecq, in Extension du domaine de la lutte)

De retour après plus de deux ans de silence. J'ai "fait du chemin", comme on dit. J'ai réussi à m'extirper de l'abîme dans lequel j'avais sombré. J'ai repris pied dans la "vraie" vie : travail, famille, amis et même, tenez-vous bien, une femme. Bref, je mène à nouveau une existence passablement "normale". Je devrais être fier de moi et je le suis, quelque part, sans pour autant être dupe de cet accomplissement : même normalisée, mon existence n'a pas plus de sens. Périodiquement, je me réveille en pleine nuit, haletant, presque pris de folie, autour de cette question du sens. Les journées s'enchaînent implacablement sans rien dévoiler de leur motif secret – s'il en est un.

Une amie chère traverse depuis le début de l'année une période très éprouvante. Profondément croyante, cette amie me confiait son désarroi face à ce dieu qui ne lui épargne aucun tourment, alors même qu'elle respecte ses commandements. Je n'ai pas osé lui répondre que l'explication la plus probable était que son dieu n'existait tout simplement pas et qu'elle devait sa pénible situation au hasard des circonstances.

Et puis. Faisant les boutiques hier après-midi, en compagnie de ma dulcinée, voilà qu'en tournant la tête, je vois une jeune femme, dans un magasin de vêtements. Au début, je n'en suis pas sûr, mais oui, elle me regarde, avec insistance. Il s'agit de C.. A peine marquée par les années passées et toujours aussi belle... J'étais tellement surpris que je n'ai pas compris l'expression de son visage : une sorte de sourire tendre, je crois. Ai-je rêvé toute cette scène ? Il m'a fallu plusieurs heures pour me remettre de cette "rencontre", sans que ma conjointe se doute de rien. Tant de souvenirs qui remontent à la surface. Et encore, malgré le temps écoulé et les blessures, ce désir violent. Mais que pourrait-il se passer entre nous à présent ?

Un drôle de goût dans la bouche.

 

21.09.2014

Le verrou

Je "tourne autour" de quelque chose en moi, dont je sais qu'elle constitue mon salut. Pressentiment d'une liberté inédite. Et en même temps sensation presque physique d'un empêchement terrible, comme un frein de tout mon être. Peur que cette chose une fois libérée dévaste tout sur son passage et devienne hors de contrôle. Peur de mon ombre, en somme, au sens propre comme au figuré. Il va bien falloir que ça change, pourtant, car je me fais l'effet d'un lion en cage, que la vie déserte chaque jour davantage.

Geôlier et prisonnier de moi-même.

 

26.08.2014

Le vertige

L'expression a été tellement galvaudée par les publicitaires et les gourous du développement personnel que j'hésite à l'employer. Et pourtant, il s'agit bien de cela : être soi-même. C'est-à-dire "oser" voir ce que je vois, entendre ce que j'entends, ressentir ce que je ressens, penser ce que je pense. Coller au plus près de ma réalité personnelle, sans trucage. Je viens de traverser une nouvelle "crise" spirituelle particulièrement intense. Il en ressort ce que j'ai déjà exprimé par ici et sur lequel je ne saurais trop insister : aucune philosophie, aucun système, aucune religion, aucune "sagesse" ne me dispensera de faire mes propres choix. 

Jouer ma gamme au-dessus du vide.