22.04.2014

'Sagesse'

Aujourd'hui comme hier, la majorité des êtres humains choisissent de s'en remettre à une autorité ou une autre pour conduire leur vie. C'est quelque chose que j'ai toujours trouvé mystérieux : comment peut-on baser son existence sur les préceptes d'un bouquin, prétendument sacré, ou d'un autre individu, prétendument éveillé ? Qui décide de ce qui est sacré, sinon ceux qui s'en réclament ? Qui décide que tel ou tel est éveillé, sinon ceux qui le suivent ? D'un bouquin, ou d'autrui, je peux apprendre une technique : comment planter des choux, parler une langue étrangère ou fabriquer un meuble. Mais je ne peux pas apprendre à vivre. Rien ni personne ne peut me dire quel chemin emprunter, rien ni personne ne peut me dispenser de faire mes propres choix et d'en assumer les conséquences. Il n'y a pas de mode d'emploi pour vivre. Nombreux sont ceux, pourtant, qui considèrent que certains de leurs congénères, actuels ou historiques, auraient produit une sorte de manuel d'instructions dans lequel chacun pourrait puiser : ou du confort de mettre ses pieds dans des pantoufles encore chaudes. Fini l'angoisse, je sais ce qu'il faut faire, ma voie est désormais toute tracée, par Mahomet, Jésus, Bouddha ou Ron Hubbard. Que c'est pitié.

La ville sort peu à peu du sommeil : les oiseaux chantent, dans les arbres jouxtant ma résidence ; des bus passent au loin ; bruits sourds dans les appartements voisins ; portes qui claquent et moteurs qui démarrent. Une nouvelle journée à vivre, seul. Sans béquilles, ni œillères. 

07:17 Publié dans Démontage | Lien permanent | Commentaires (0)

29.03.2014

La digue

Il se protégeait de vivre. (citation fictive)

Impression de rouler à contresens sur l'autoroute. Objectivement, je vais mieux : je suis en pleine forme physique, je vois des gens, j'ai bon espoir de reprendre prochainement ma place au sein de la société productive. Et pourtant je n'attends rien tant que d'être englouti par l'abîme. Je ne me reconnais pas dans cette normalité obligée – qui n'est que folie contenue. Je me suis construit depuis l'enfance ce que je croyais être un barrage contre mon émotivité : en fait de barrage, il n'y a là qu'une frêle jetée, à la merci de quelque lame de fond. Le pire, c'est que je ne peux rien faire pour y remédier : il est tout aussi dérisoire d'en appeler à Dieu pour n'être pas submergé ou transfigurer le fracas que de passer des années sur le divan pour tuer la chose des profondeurs à coups de mots.

Boire la tasse et saluer le noyé.

30.12.2013

Ondes

1. Un rêve étrange. C. encore une fois en scène : je passais une sorte de pacte avec un démon et par l'effet de sa magie je tombais sur la belle sous les apparences du hasard. Impression tenace au réveil : je vais être amené à revoir C., pour une raison que j'ignore. A suivre.

2. Combien de fois ai-je pressenti un événement, repoussant ce qui me venait alors au prétexte de son irrationalité... pour constater peu après que j'avais vu juste. Apprendre à écouter mon être profond, par-delà mes peurs et mes velléités.

3. Plus je vais, plus je sens que j'ai un chemin à suivre, un dessein à accomplir. En visite chez mes parents, l'autre soir, j'ai récupéré un vieux bouquin qui a accompagné mon adolescence. Même sensation qu'à l'époque, grossie de mon vécu. Appel à la liberté intérieure.

4. Lassitude des débats d'idées. A quoi bon convaincre l'autre ? Je ne suis pas dans ses chaussures, il n'est pas dans les miennes. Vivre et laisser vivre.