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10.03.2013

La voie du monde

Des grands et des petits la putain est la mère,
Et nous sommes toujours aussi chers à ses yeux,
Monstres et scélérats que bons et vertueux. (Sade, in La vérité)

J'ai enfin compris et surtout accepté le fait qu'il n'y a qu'un seul chemin dans cette vie et que c'est celui de la réalité. Et cette dernière n'a que faire de la morale, qui n'est qu'un jugement humain. La réalité sanctionne, impitoyablement, mon comportement, adapté ou non : dans le premier cas, je prospère, dans le second, je dépéris. Jusqu'à présent, j'ai fonctionné, plus ou moins consciemment, en fidélité à ce "complexe de protestant" que j'ai déjà évoqué par ici, à cette idée qu'en étant un chic type, je serais récompensé. Quand j'y songe, c'est fou comme je peux m'accrocher à cette superstition, pourtant systématiquement contredite par les événements de mon existence. Mais j'en ai vraiment assez. Assez d'attendre mon tour à la faveur de circonstances favorables. Assez de faire preuve d'une gentillesse qui n'est au fond que faiblesse et qu'autrui voit bien comme telle, même s'il a parfois la politesse de s'essuyer les pieds avant de me piétiner. Assez de m'épuiser à retenir ce qui me fait peur depuis tant d'années, mais qui se révèle bêtement comme ma force vitale, ma volonté de puissance, mon impulsion à suivre la grande et éternelle Loi.

Hurler à la mort et dévorer le soleil.