28.06.2013
Bellum
De sorte que nous trouvons dans la nature humaine trois principales causes de querelle : premièrement, la rivalité ; deuxièmement, la défiance ; et troisièmement la fierté.
La première fait que les hommes attaquent pour le gain, la seconde pour la sécurité, et la troisième pour la réputation. (Hobbes, in Leviathan)
Une obscure clarté se lève : la loi de ce monde, c'est le combat. Depuis longtemps, je cherche quelque chose ou quelqu'un auprès duquel je pourrais trouver refuge. Mais un tel refuge n'existe pas. Quiconque a déjà fait une randonnée sauvage sait que la réalité naturelle est loin de la mièvrerie de certains documentaires animaliers : qu'on se le dise, Mère Nature est une salope et si vous ne la baisez pas d'abord, c'est elle qui vous baisera. Quant à la réalité humaine : mensonges, trahisons, violences, barbarie. L'autre est toujours un hostile possible, à la faveur d'une circonstance. La société ne tient jamais qu'en un équilibre précaire maintenu par la crainte et l'intérêt ; mais qu'un événement de quelque envergure survienne et c'est le chaos. Les survivalistes me paraissent être les seuls à prendre ce petit fait suffisamment au sérieux pour agir en conséquence. Paranoïa ? Je ne crois vraiment pas. Considérer la comédie humaine avec l'oeil de l'anthropologue. Les séducteurs manipulent les femmes comme de vulgaires poupées de chiffon. Les hommes politiques, les capitaines d'industrie, ont des passifs de criminels. Et même les supposés "saints" ont leur côté sombre : se pencher sur la biographie de Gandhi, de Mère Teresa ou, pour évoquer l'actualité, de Mandela. Souvenir de ce passage, terrible, des Démons de Dostoïevski, où Kirillov dépeint l'existence sur cette planète comme un "vaudeville diabolique", avant de se suicider. Une autre issue, peut-être : jouer le jeu, briser les idoles du vrai, du beau, du bon et vivre en conquérant.
15:48 | Lien permanent | Commentaires (2)

