29.09.2008
Renoncer aux montagnes russes
J'ai été tenté de supprimer ma dramatique lettre à S., rédigée hier soir dans un état second. Mais finalement, non. J'assume. D'abord parce qu'elle reflète tout de même, que ça me plaise ou non, la vérité de mon sentiment à l'égard de cette fille. Ensuite parce que c'est une bonne occasion de guérir de ce genre de folie. Comment appeler autrement le fait de me mettre dans des états pareils sur la base de rien, sinon tout un cinéma que je me fais tout seul comme un grand ? Et puis, je sourirais certainement de cette magnifique envolée lyrique d'ici un ou deux mois, une fois que la belle m'aura éconduit et n'existera plus que comme souvenir d'un énième égarement. Cet épisode m'aura en tout cas permis de réaliser que je fonctionnais vraiment sur un mode cyclothymique, ce qui, en sus d'être épuisant, constitue un sabotage efficace de tout effort quelque peu soutenu en direction de mes objectifs. Malgré mon rationalisme déclaré, je subis mes émotions bien plus que je ne les contrôle. Oh, je n'ambitionne certes pas de devenir insensible, seulement raisonnable, en l'occurrence en ressentant des émotions appropriées aux évènements, en lieu et place de cet aller-retour incessant et parfaitement névrotique entre élation et acédie. Mais c'est un choix. A rapprocher de cette histoire d'estime de soi : je peux continuer à m'évaluer globalement, me faisant aussi gros qu'un boeuf à chaque succès et aussi misérable qu'un ver de terre à chaque échec ou bien je peux choisir de renoncer à toute évaluation de ma personne au profit d'une évaluation rationnelle (efficacité, satisfaction) de mes comportements.
Désamour du grand huit.
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