27.12.2009
Signes
J'éprouve quelque agréable étrangeté à écrire en me sentant aussi fébrile. Je précise qu'il ne s'agit pas là d'une métaphore pour illustrer l'un de mes emballements émotifs, mais bien de la fièvre réelle accompagnant la maladie, que je qualifierais plus familièrement, en l'occurrence, de putain de bonne crève. Malade comme un chien, donc : et dire qu'il n'y a que dans ce triste état que je lâche prise, que je vis sans défenses, tout simplement parce que je n'ai alors plus la force de revêtir mon armure habituelle. Le plus bizarre dans l'affaire étant que cela fait des années que je n'ai pas été malade comme ça et que je n'ai pas connu cet état singulier de faiblesse que je reconnaîtrais entre mille. Une hypothèse de travail : et si cet état constituait un signe, comme un appel de la "sagesse inconsciente" de mon organisme à rééquilibrer mon existence en "laissant venir" la vie, en la laissant me traverser de part en part ? Par ailleurs, drôle de lien qui se tisse avec E. : comme un appel, là aussi, à embrasser pleinement, sans plus de réserves, l'amour profond, vivant, qui se révèle entre nous.
Ouvert à l'ouverture.
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